Pneumologie
Cette saleté de toux... du fumeur
L.D.
La broncho-pneumopathie chronique obstructive touche
plus de 680.000 personnes en Belgique.
Principal facteur de risque: le tabagisme.
Journée mondiale, ce mercredi, pour sensibiliser à l'importance du diagnostic.
Toussez-vous plusieurs fois au cours d'une même journée? Avez-vous régulièrement
des expectorations? Êtes-vous plus rapidement essoufflé (e) ou à court
d'haleine que la plupart des personnes de votre âge? Avez-vous plus de 40 ans?
Êtes-vous fumeur ou ex-fumeur? Si vous avez répondu par l'affirmative à trois
de ces questions ou plus, un seul mot d'ordre: consultez votre médecin pour
savoir si vous présentez une BPCO, c'est-à-dire une broncho-pneumopathie
chronique obstructive. Maladie mortelle Quatrième cause de mortalité dans le monde, après la crise cardiaque, le
cancer et l'accident vasculaire cérébral, selon l'Organisation mondiale de la
santé, la PBCO, dont on célèbre ce 19 novembre la journée mondiale,
toucherait environ 680.000 personnes en Belgique. En augmentation constante, la maladie a été définie par l'OMS, notamment,
comme «un état maladif caractérisé par une limitation du flux aérien non
entièrement réversible. Habituellement, cette limitation est à la fois
progressive et associée à une réaction inflammatoire anormale du tissu
pulmonaire à des particules nocives telles que la fumée du tabac». Car le
principal responsable de cette pathologie est bien le tabagisme. Les autres
facteurs de risque sont l'exposition professionnelle intense à des poussières
et à des produits chimiques, au même titre que la pollution interne et externe
aux bâtiments. Enfin, l'hyperréactivité bronchique du sujet peut également
jouer un rôle. Le cours évolutif «Le déclin de la fonction ventilatoire est principalement lié à une
diminution du diamètre des voies aériennes, surtout périphériques en
relation avec des lésions diffuses, explique le Dr Ninane du CHU St-Pierre,
il existe également une destruction du tissu élastique pulmonaire (emphysème)
qui contribue également à la limitation des débits aériens. Le cours évolutif
de la BPCO est émaillé d'exacerbations caractérisées par une accentuation
d'un ou plusieurs des symptômes usuels pendant une période de temps limitée:
une augmentation du volume des expectorations, une modification de
l'expectoration qui devient purulente et l'aggravation de la dyspnée». Les traitements Si elle peut être guérie, la BPCO peut être traitée. S'agissant d'un
fumeur, la première mesure à prendre est l'arrêt du tabagisme. Au niveau des
traitements médicamenteux, «considérés comme la pierre angulaire du
traitement de la BPCO modérée, sévère et très sévère, les
bronchodilatateurs améliorent le passage de l'air dans les voies respiratoires
qui ont été rétrécies, expliquent les Prs Bartsch du CHU Sart Tilman et
Decramer de l'UZ Gasthuisberg, qui mentionnent les corticoïdes à inhaler ou à
prendre par la bouche. On peut également conseiller à ces patients d'envisager avec leur médecin
des vaccinations contre les maladies susceptibles d'aggraver la BPCO. Une prise
en charge multidisciplinaire sera également opportune, incluant la revalidation
musculaire et à l'effort, kinésithérapie respiratoire, nutrition, ergothérapie,
soutien psychologique... Des conseils nutritionnels pour enrayer la perte de poids peuvent s'avérer nécessaires
au même titre que l'activité physique permettra de renforcer les muscles. Enfin, dans les cas extrêmes, deux types d'interventions lourdes seront
envisagés: d'une part, solution toutefois transitoire, la réduction de zones
emphysémateuses afin de permettre au poumon restant de mieux se déployer pour
réduire les symptômes d'essoufflement; d'autre part, à réserver aux patients
relativement jeunes et en bon état de santé général, la transplantation
pulmonaire. Le coût de la maladie Dernier argument avancé par les spécialistes pour attirer l'attention sur
l'urgence d'enrayer ce fléau: son coût. D'après le Pr De Backer, de
l'Université et de l'Hôpital universitaire d'Anvers, un stade III et IV coûterait
en moyenne 8565 € par an, dont 599 € pour les consultations, 2531 € pour
la médication et 5435 € pour les hospitalisations. Pour le stade II, ces
chiffres seraient respectivement de 399 €, 1582 € et 2579 €. Plus personne
n'osera dire que la santé n'a pas de prix! © La Libre Belgique 2003

de Tessières